Shaoran, fut réveillé par Fye-san qui s'était levé tôt pour préparer le petit déjeuner ». Le garçon était toujours affalé sur la table de la cuisine et, reprenant conscience, il se rendit compte qu'il était affublé d'une affreuse migraine. Il se sentait affreusement mal, quelle idée de boire quand on se sent si mal au réveil ?! Il lança un regard noir à Mokona qui ronflait un peu plus loin, mais il était tellement mignon qu'il ne put pas lui en vouloir de l'avoir mis dans cet état. Il ne se souvenait même pas ce qui c'était passé la veille, mais étrangement, il se sentait honteux et coupable ; comme s'il avait fait une bêtise. Pris d'une envie pressante, il se leva un peu trop vite et atteignit l'évier juste à temps pour y vider ses entrailles. Le magicien vint à son secours, l'attrapant avant que ses jambes ne lui fassent défaut : « Pauvre Shaoran-kun, tu ne supportes vraiment pas l'alcool... assied toi, je vais te préparer un thé, ça te fera du bien, proposa Fye.
Mais ça ira pour votre main ? Demanda le garçon voyant le bandage.
Bah, c'est une question d'habitude, lui assura son compagnon, ne t'inquiète pas pour moi !
Alors je veux bien, » croassa un Shaoran à la bouche pâteuse. Se rappelant son urgence, il se releva pour aller aux toilettes, mais il fit doucement cette fois-ci.
Lorsqu'il revint du petit coin, l'adolescent allait un peu mieux, du moins la partie qui se situait sous sa tête allait mieux ; sa nausée était passée. En revanche, sa migraine continuait de le lancer et il avait l'impression que son cerveau enflait dans son crâne et que bientôt il allait déborder. Cette notion ce dissipa un moment lorsqu'il entendit la princesse le saluer : « Bonjour Shaoran-kun !
Bonjour Sakura-hime, » parvint-il à articuler malgré l'état de sa tête. Le sourire de la jeune fille lui faisait toujours cet effet, quand il le voyait, il avait l'impression d'être au paradis. Elle était si belle, si fraîche, si fragile et forte à la fois. Lui en revanche n'était rien, et pour elle, il ne pourrait jamais être qu'une présence, car il ne méritait pas l'amour d'une princesse ; même si lui, il l'aimait passionnément...
Sakura-chan vint à lui soucieuse : « Vous n'avez pas l'air très bien, le plaignit-elle.
Ça va aller, lui assura-t-il avec un faible sourire.
Oh Mokona regarde ce que tes bêtises on fait ! Réprimanda-t-elle gentiment la boule de poiles.
Ton thé, lui offrit le blondinet.
Piou ! Pardon Shaoran-kun ! » S'excusa Mokona en lui sautant sur la tête ce qui ne parvint qu'à empirer l'état du garçon.
« Stop! Supplia-t-il. Ma tête va exploser si vous continuez à me parler tous en même temps. » Sakura, pleine de pitié s'approcha de lui, prête à l'enlacer, mais s'arrêta, réalisant l'inconvenance du geste. Elle se contenta alors de lui apporter un bol de riz pour son petit déjeuner.
Au même moment, les pas de Kurogané résonnèrent dans les escaliers et Fye quitta la maison en quête de « quelque chose... ». D'humeur maussade, le ninja s'installa à table en marmonnant de vagues salutations et se servit à manger. Son repas fini, il parcouru la pièce des yeux, puis lâcha un soupir et remonta pour faire sa toilette dans la salle de bain.
Comme par magie, Fye réapparu, quelques herbes aromatiques en main et la princesse s'extasia : « Oh ! Du romarin ! Je me souviens que j'aime beaucoup le goût que ça a ! Est-ce que je peux vous en prendre pour préparer nos casse-croûte ?
Bien sur, mais vous voulez partir toute la journée et seuls ? S'enquit le magicien.
La ville est complètement abandonnée, nous ne risquons rien, et si nous voulons trouver ma plume, il nous faudra du temps... expliqua Sakura.
Vous voulez que je vous accompagne ?
Non, ça ira, restez ici et reposez vous Fye-san, dit Shaoran qui craignait que les bavardages du blondinet n'empirent ses maux de tête.
Très bien, » concéda le magicien qui pensait que le garçon voulait se retrouver seul avec la jeune femme. Même s'il n'avait aucune envie de rester à l'intérieur, il n'avait pas le cœur à gâcher les plans du jeune homme. Celui-ci, entendant que Kurogané avait fini à la salle de bain, s'y rendit à son tour et ce avec joie, car il avait bien besoin de se débarbouiller. De plus, de l'eau bien fraîche lui éclaircirait peut être les idées.
Seule avec le magicien, la princesse lui proposa : « Voulez-vous m'aider à faire à manger, vous cuisinez divinement bien !
Heu... hésita-t-il un moment. Ce sera avec plaisir Sakura-chan, décida-t-il finalement un grand sourire aux lèvres.
Et Mokona vous encouragera ! Claironna la bestiole.
Hé bien allons-y ! dit-elle joyeusement. » Ils se mirent donc à la tâche et ne s'arrêtèrent que lorsqu'ils entendirent un grand bruit provenant de l'étage. Kurogané sortit de sa chambre pour voir ce qu'il s'était passé, et un Shaoran tout poussiéreux sortit de la salle de bain.
« Kurogané, tu avais raisons hier, lorsque tu nous a dit que cette maison était dangereuse, lui confia le garçon. Un bout du plafond c'est effondré à quelques centimètres de moi !
Grumf, grogna le ninja. Je réparerai ça tout à l'heure.
Vous n'êtes pas blessé ? S'inquiéta Sakura.
Non, c'est bon... répondit-il d'une voix lasse.
On pourra partir bientôt, lui annonça-t-elle avec un sourire chaleureux, nous aurons fini dans cinq minutes.
Je serais prêt, lui assura Shaoran. »
Dix minutes plus tard, ils étaient partis en compagnie de Mokona, abandonnant Fye et Kurogané. Le ninja fouilla dans toute la maison à la recherche de matériel pour réparer le plafond et bizarrement, il ne croisa pas une seule fois le magicien. Celui-ci n'était jamais loin, il pouvait l'entendre chantonner, mais à chaque fois qu'il venait trop près, Fye s'éclipsait. Le guerrier ne fit aucun commentaire, et lorsqu'il eut trouvé ce qu'il cherchait, il remonta faire les réparations. Sa tâche accomplie, il alla récupérer quelque chose dans sa chambre puis partit à la recherche du blondinet. Comme avant, le magicien semblait disparaître dès qu'il s'approchait, ce qui finit par l'agacer franchement. Au bout de quelques minutes de ce jeu, Kurogané perdit patience et tonna depuis la cuisine : « Fye, arrête de fuir ! Il faut changer ton bandage et tu ne peux pas le faire seul alors vient là immédiatement. Je sortirai après, tu pourras ruminer en paix ! ». Comme par magie, le blondinet apparu dans l'embrasure de la porte ; un sourire innocent aux lèvres, il approcha lentement et tendit sa main en direction du ninja. Celui-ci défit le bandage, passa un linge mouillé sur la main pour la nettoyer, puis appliqua le même onguent que la veille avant de recouvrir la brûlure de bandes propres. Ses gestes, avaient été rudes ; sans être brutal, il n'avait montré aucune délicatesse cette fois ci ; l'attitude puérile de Fye l'énervait au plus haut point. Non ce qui l'énervait au plus haut point, c'était que depuis quelques jours, il n'arrivait plus à penser de façon cohérente et prendre l'air à l'extérieur était la meilleure chose qu'il pouvait faire... Toujours en silence, le guerrier sortit de la pièce, ramassa son épée et quitta la demeure.