Les Kurofay du Tsubasapervclub

Butterfly

le 14/03/2008 à 14h49

*chante la chanson du même titre de Superbus* "Butterfly, butterfly, buttefly, butterflyyyyyyy !"


Oui, je sais, j'ai de drôles de goûts musicaux XD


Pour les fringues de mes personnages aussi, apparemment. Je devrais peut-être revenir à des habits plus...normaux ? ^^ Parce que là, je les trouve très...bizarrement fringués, va-t-on dire...


Je le trouve rigolo sinon. Je l'ai retouché un peu par ordi, et maintenant, je l'aime bien ^-^


Parce c'est MON dessin, j'ai le droit de le retoucher d'aboreuh !


 


by Anders

Pâques

le 25/03/2008 à 17h14

 


Mokona vous souhaite de


 


 


JOYEUSES FÊTES DE PÂQUES


 


... en retard

Ava Kurofay

le 25/03/2008 à 23h42

Voici quelques avatars trouvés par ci par là...^^


Joyeuses Pâques XD

La ville fantôme

le 30/04/2008 à 09h44

Auteur : Sitatu

Rating : M

Disclaimer : les perso de la fic appartiennent à Clamp

Couples : Sakura/Shaoran et évidemment Kurogané/Fye

Note :
- je mettrai une illustration un jour
- certains chapitres seront placés dans la Très Perverse Catégorie...

La ville fantôme

La bouche de Mokona venait de recracher les quatre voyageurs interdimensionnels sur un terrain herbeux, en plein milieu de nulle part. L'atterrissage fut violent et tandis que Shaoran avait amorti la chute de la princesse, Kurogané, lui, était lourdement tombé sur le magicien. Le guerrier était allongé sur son compagnon et leurs visages n'étaient séparés que de quelques centimètre. Réalisant la situation, Kurogané se mit à rougir et s'apprêta à se relever, mais avant qu'il n'en ait l'occasion, le blondinet se plaignit : « Non, Kuro-rin ! Tu ne penses vraiment qu'à ça ! Pas maintenant je te dis, je suis fatigué ! Tu m'écrases en plus... ôte toi de là !
 Kuro papa veut faire un bébé à Fye maman ! Claironna Mokona. Kuro-papa veut faire un béééééééééééééééééééééééé ». La litanie de la créature fut interrompue par un ninja furieux qui s'était finalement relevé et avait sauté sur la boule de poiles pour l'étriper. Comme si je pouvais désirer un être aussi faux que lui ! Pensa le guerrier.
Alors qu'ils se chamaillaient, Fye se mit en position assise et se perdit dans ses pensées, un air triste se peignit sur son visage. Shaoran le vit et lui lança un regard interrogateur. Le magicien reprit l'expression enjouée qu'il avait à son habitude et fit comme s'il ne s'était rien passé. Comprenant que Fye ne se confirait pas à lui, Shaoran se détourna pour s'occuper de Sakura qui était toujours endormie depuis qu'elle avait récupéré sa plume dans le monde précédent.
Lorsque Moko-chan réussit à échapper à son persécuteur, il se glissa dans les vêtement de Shaoran, et ce dernier lui demanda : « Y a-t-il une plume de Sakura dans les parages ?
 Piouu ! Oui ! Mokona sent de la magie qui provient de làààààààà ! Répondit la boule de poils montrant de ses oreilles une petite ville au loin.
 Hé bien, mettons nous en route, proposa le ninja. »
Shaoran prit la princesse dans ses bras et s'apprêta à partir, mais voyant que Fye ne se levait pas, le guerrier s'inquiéta, « Tu t'es fait très mal en tombant ?
 Ça ira, le rassura le magicien.
 Alors debout ! » Ordonna son compagnon de voyage en le prenant par les épaules et le mettant sur ses jambes.

Ils étaient las tous les trois ; Kurogané portait la princesse toujours inconsciente et Mokona dormait paisiblement dans les bras de Fye. La plume n'avait pas été simple à récupérée dans le monde qu'ils venaient de quitter et la dizaine de kilomètres qui les séparaient de la ville leur parurent très long. Après avoir traversé le pré où ils avaient atterris, ils rejoignirent une route mal entretenue. Le paysage qui s'étendait devant eux était bien étrange : les cultures semblaient avoir été abandonnées, ils passèrent à côté de rizières asséchés et de champs de blé sauvage. Ils ne croisèrent personne et ne dirent mot ; le silence n'était perturbé que par le chant des oiseaux. Mais sous le soleil couchant, la scène avait un air de paradis perdu.
Après deux heures de marche, ils atteignirent enfin la bourgade et furent étonnés de constater que toutes les habitations devant lesquelles ils passaient semblaient abandonnées. Le ventre de Shaoran se mit à grogner et celui du magicien lui fit écho, ce qui réveillé la boule de poile. Voyant cela, le ninja lui posa une question : « La magie que tu sens est-elle maléfique ?
 Non... je sens une plume à quelque part en ville, mais je ne sais pas trop où... répondit-il
 Alors pourquoi cette ville est elle déserte ? Se demanda Kurogané. On dirait que les habitants ont tous disparus... » Le ventre de Fye gronda à nouveau et le guerrier repris : « Entrons à quelque part, faisons à manger et repartons chercher la plume demain, je vais finir par avoir des crampes à force de porter la princesse et les deux autres vont bientôt mourir de faim !
 Et Mokona a soif ! » S'exclama la créature s'imaginant déjà une bouteille de saké.
Tout le monde ayant approuvé l'idée, ils entrèrent dans la maison la plus proche. Ils n'étaient pas les premiers visiteurs depuis que l'endroit avait été abandonné ; mais c'étaient les premiers visiteurs humains. Ils pouvaient voir que différents animaux avaient pénétré ici pour ravager tout ce qu'ils trouvaient sur leur passage et manger les réserves de nourriture de la maison. Kurogané déposa la princesse sur un lit tandis que les autres inspectaient les lieux. En fouillant bien, ils dénichèrent un bocal de riz miraculeusement intact. Ils firent la cuisine puis passèrent à table en silence ; ils étaient bien trop fatigués pour entretenir une conversation. À la fin du repas, Shaoran demanda tout de même : « Que faisons nous maintenant ?
 Je pense que tout le monde est d'accord pour qu'on aille se coucher ! Supposa le magicien. Demain, je m'occuperai de mettre la maison en état, au cas où on devrait passer plusieurs jours ici. Kuro-rin pourrait chercher à manger, pour qu'on ne meurt pas de faim...
 Hé ! Pourquoi tu décides à ma place ? Et arrête avec ce surnom débile ! Râla le guerrier.
 ... Toi tu peux visiter la ville, voir si tu trouve des gens et la plume, reprit Fye, faisant fi de l'interruption du ninja. Tu emmèneras Mokona avec toi et la princesse si elle est réveillée. Mokona ne sent rien de maléfique, et si il y a des problèmes tu sauras la protéger.
 Bien, approuva Shaoran. Bonne nuit alors Fye-san, Kurogané-san, je vais me coucher.
 Bonne nuit Shaoran-kun, le salua le magicien qui se levait pour rejoindre sa chambre lui aussi.
 Bonne nuit, grommela Kurogané, toujours vexé. »

La Ville Fantôme

le 08/05/2008 à 21h06


Le lendemain matin fut plus joyeux ; un soleil radieux s'était levé, les oiseaux chantaient dans les arbres et la princesse était réveillée. Étrangement, son sourire parvenait à mettre tout le monde de bonne humeur, Shaoran le premier. En compagnie du magicien, Sakura avait préparé le petit déjeuné avec les moyens du bord, c'est à dire pas grand chose. Devant ce manque de variété, Kurogané décida de suivre le plan de Fye et de chercher de la nourriture ; le riz blanc et le thé ne lui suffisait pas, il avait besoin de viande et de saké ! Les deux adolescents partirent peu après, en quête de la plume, laissant le magicien seul dans la demeure abandonnée.
Fye commença donc à remettre la maison en état. Il prenait son temps pour faire le ménage, non pas parce qu'il aimait ça et qu'il voulait faire un travail soigné, mais plutôt parce qu'il était perdu dans ses pensées. Il se remémorait son passé, ces souvenirs douloureux, ceux qu'il cachait derrière son grand sourire. Il avait de plus en plus de mal à ne pas cacher son désarroi à ses compagnons. Il commençait à s'attacher à eux, mais il ne devait pas ! Il n'avait pas droit au bonheur. Pourtant ce voyage avait certains aspects agréables, il aimait voyager avec eux : Shaoran, Sakura, l'adorable Mokona et ... Kurogané... Pourtant, penser à eux ne l'apaisait pas, car il ne pouvait aspirer à un futur heureux... Il n'en avait pas le droit, il était coupable, et se devait d'être malheureux...
Reposant son plumeau, il décida de faire une pose et de se préparer un thé. Il se rendit donc à la cuisine et mit de l'eau à bouillir. D'un œil distrait il surveillait le liquide, mais continua en même temps de se torturer l'esprit avec ses pensées obscures. Et pourquoi le visage du ninja revenait sans cesse parasiter ses souvenirs ? Pourquoi le trouvait-il si drôle lorsqu'il se mettait en colère ? Qu'y avait-il dans son regard noir qui lui donnait des frissons lorsqu'il le voyait assis à monter la garde, les sourcils froncés ? Et pourquoi diable pensait-il à lui ? Il ne le méritait pas ! Il ne méritait rien, rien d'autre que la souffrance et le malheur...
Soudain, le fracas d'objets se renversants et un juron hurlé par le magicien rompit le silence de la pièce. Un morceau du plafond était tombé sur la bouilloire et le liquide s'était renversé sur la main de Fye. À bout de nerf, et fou de douleur, il ne put que s'effondrer au sol, déversant toutes les larmes de son corps.
Le magicien de remarqua même pas que Kurogané venait de rentrer. Celui-ci, curieux de savoir ce qui faisait tout ce raffut jeta un œil dans la cuisine. Voyant l'état de Fye, il déposa les deux lapins qu'il avait attrapés ainsi que les autres provisions qu'il avait récupérées dans un coin et se mit en quête d'eau froide et de bandages. Le magicien ne s'aperçut de sa présence que lorsque le ninja posa les bandes de tissu imbibées d'eau froide sur sa main. Son regard, d'abord étonné se fit suppliant, ce qui bouleversa Kurogané. Il n'avait jamais vu le magicien s'abandonner ainsi à ses vrais sentiments. Il avait toujours su que ses sourires étaient feints, mais il ne pouvait rien tant qu'il jouait la comédie. Il ne pouvait pas l'aider si Fye refusait de lui faire part de ses tourments. Mais aujourd'hui, il était là, à terre, brisé, et ses larmes refusaient de se tarir.
Le magicien fixa le guerrier pendant un instant, il n'arrivait pas à faire cesser ses pleurs. Comment se faisait-il qu'il n'ait pas remarqué son arrivée ? Pourquoi n'arrivait-il pas à se calmer ? Il avait tellement honte, surtout que sous ses sourcil froncé, Fye pouvait lire de l'inquiétude et même de la ... tendresse ; dans les yeux rouges de Kurogané. Non ! Il ne pouvait pas se laisser aller ainsi ! Il n'avait pas le droit d'être consolé ! Mais il avait beau penser cela, ses larmes ne coulèrent que de plus belle et son corps secoué de sanglots, il baissa la tête.
N'y tenant plus, Kurogané, qui s'était assis au sol près du magicien, le serra fort dans ses bras. Son instinct se faisant plus fort que sa volonté, Fye s'agrippa de toutes ses forces à la chemise du ninja avec sa main valide. Sans trop réfléchir, Kurogané posa sa tête sur celle du magicien et porta une main à ses cheveux blonds pour les caresser ; ils sentaient bon ; ils avaient une douce odeur de camomille. Le guerrier garda le silence, les mots étaient inutiles, il se balança d'avant en arrière pour bercer l'âme déchirée qu'il tenait entre ses bras. Celle-ci finit par s'abandonner au corps puissant qu'elle agrippait et sombra peu à peu dans le sommeil.
Lorsqu'il fut profondément endormi, Kurogané porta le magicien jusque dans sa chambre et l'allongea dans son lit. Là, il le regarda dormir un instant ; son visage semblait tourmenté. Poussé par son instinct, le ninja déposa un baiser sur son front. Fye émit un petit bruit, puis se retourna dans son lit. Le guerrier fut soulagé de constater qu'il ne s'était pas réveillé, car il devait bien s'avouer avoir un peu honte de son geste. Il l'observa encore un moment et vit que son expression s'était un peu apaisée. Rassuré, il quitta la chambre du magicien.

Kurogané retourna dans la cuisine pour réparer le plafond remettre la pièce en ordre. Lorsqu'il eut fini, en fin d'après midi, il commença à préparer les lapins pour le dîner, et c'est à ce moment là que rentrèrent Sakura, Shaoran et Mokona. Ils avaient l'air déçu, ce qui voulait dire qu'ils n'avaient pas trouvé la plume ; ils s'écroulèrent sur les chaises qui entouraient la table de la cuisine et Shaoran s'exclama : « Cette ville est un vrai labyrinthe ! On voulait revenir pour midi, mais on a eu tellement de mal qu'on vient à peine d'arriver. Il nous faudra plus de temps que prévu pour récupérer la plume... Les architectes de cette ville devaient être ivres lorsqu'ils l'ont construite ! Dans toutes les fouilles archéologiques que j'ai faites, jamais je n'ai vu cela ! Ça ne m'étonne pas que l'endroit soit désert...
 Même Mokona ne pouvait pas aider, dit la boule de poile d'une voix triste.
 Tu as fait de ton mieux, lui assura Sakura. Je meurs de faim, est-ce que je peux vous aider Kurogané-san ?
 Kyaaa ! S'épouvanta Mokona. Kuro-chan cuisine des animaux aussi minions que Mokona !!!
 Tais-toi où je te rajoute dans la casserole ! Menaça le ninja. »
La boule de poiles bondit se cacher dans les vêtements du garçon qui le rassura : « Ne t'inquiète pas, Kurogané-san ne te ferai pas de mal, les lapins ne parlent pas, ils ne savent pas ouvrir des portails interdimentionnels et surtout, ils ne boivent pas de saké ! Kurogané ne cuirait pas un de ses compagnons.
 Ouf ! Soupira-t-il. Mais, Kuro-papa, qu'as tu fais de Fye-maman ?
 Il dort, maugréa le guerrier en lançant un regard mauvais à la bestiole.
 Il est malade ? S'inquiéta la princesse.
 Disons que les maisons abandonnées sont plus dangereuses qu'elles ne le paraissent, » répondit-il évasivement. Personne n'insista et Shaoran prépara la table pendant que les deux autres faisaient à manger.
Lorsque tout fut prêt, ils passèrent à table. Enfin réveillé, le magicien les rejoignit peu de temps après, son sourire habituel aux lèvres. Voyant sa main bandée Sakura lui demanda : « Oh Fye-san ! Que vous est-il arrivé ?
 Oh, pas grand chose... répondit-il en riant ; ne sachant pas quoi rajouter.
 Un bout du plafond s'est détaché et ça t'a assommé, expliqua finalement le guerrier pour ne pas mettre le magicien dans l'embarras. Et le thé que tu préparais s'est répandu sur ta main et t'a brûlé...
 Ah, c'est donc pour ça que j'ai aussi mal à la tête ! » S'exclama-t-il sans se défaire de son sourire. Il s'installa en suite à table pour manger le bouillon qu'avaient préparé les deux cuisiniers. Il avait du mal car la main dont il se servait d'habitude pour manger était inutilisable pour le moment.
L'atmosphère était lourde dans la pièce, si Fye tentait de faire la conversation aux deux adolescents, il ne bavardait pas autant que d'habitude et tout le monde en était conscient. Les enfants pensaient que c'était du à son accident, mais Kurogané savait d'où venait la gêne ; il avait observé le magicien pendant tout le repas, mais Fye avait fuit son regard tout du long ; il avait honte... Inquiet pour lui, Mokona lui proposa de retourner se coucher, et à la surprise de tout le monde, il accepta immédiatement.

La Ville Fantôme

le 09/05/2008 à 17h17

Après le départ du magicien, l'atmosphère fut encore plus tendue, car personne ne parlait plus. Ils rangèrent la table et firent la vaisselle en silence. Voyant que la princesse se faisait du souci, Shaoran décida de divertir son attention en lui parlant du royaume de Clow, de ses fouilles archéologiques ainsi que des livres qu'il avait lu. Kurogané, lui, farfouilla un peu partout à la recherche d'herbes et autres ingrédients et se remit au fourneau. Un Mokona curieux vint l'embêter : « Piou, Kuro-chan à encore faim ? Ça sent bizarre ce que tu cuisines là !
 C'est pas à manger ! Gronda le guerrier.
 C'est quoi ? Demanda la boule de poiles.
 Un onguent, pour la brûlure de Fye, répondit-il sèchement.
 Ça sent quand même pas bon ! S'exclama Mokona.
 Oh la ferme ou je te rajoute dans la casserole, menaça le ninja. » Ne prenant pas le risque de se faire cuire, la bestiole s'enfuit. En chemin, il croisa la réserve de saké que Kurogané avait récupéré le matin même, et décida d'égayer la soirée avec un peu d'alcool. Il rejoignit Shaoran et la princesse et discrètement, il versa un peu du liquide dans leurs verres.
Lorsque Kurogané eut fini sa mixture, il annonça : « Je monte voir Fye, il faut soigner sa blessure et refaire le bandage. Je ne pense pas redescendre, soyez sage.
 Bonne nuit Kurogané-san ! Claironnèrent-ils tous les trois en même temps. »

A l'étage, le ninja frappa à la porte du magicien, « Qui est-ce ? demanda celui-ci.
 Moi, » répondit Kurogané en entrant dans la pièce. Lorsqu'il vit Fye, ou plutôt son torse qui n'était pas tout à fait recouvert par le drap, il se dit qu'il aurait mieux fait d'attendre de recevoir la permission de pénétrer dans la chambre. Le corps du magicien était fin, mais musclé, sa peau était pâle et semblait aussi douce que de la soie. Le guerrier sentit le désir monter en lui et du se contrôler pour annoncer d'une voix calme : « J'ai fait un onguent qui devrait aider à guérir ta brûlure... et il faut aussi changer ton bandage...
 Ah, d'accord, » accepta Fye, un sourire qui sonnait encore plus faux que d'habitude.
Kurogané s'approcha et s'agenouilla au bord du lit et ordonna d'une voix douce : « Ta main.
 D'habitude, c'est au futur beau-père qu'on demande la main de la personne qu'on veut épouser ... plaisanta le blondinet tendant sa main blessée. Mais, de toute façon mon père est mort depuis bien longtemps.
 Désolé de l'apprendre, grommela Kurogané en défaisant le bandage.
 Bah, tout le monde à son lot de soucis... dit-Fye, tentant de dédramatiser la scène qui s'était produite dans la journée.
 Et tu devrais plus souvent confier les tiens, » le réprimanda le ninja d'une voix absente. Il prit la main du magicien dans la sienne pour l'enduire du baume. Il l'appliqua du bout des doigts, délicatement, telle une caresse, il ne voulait pas lui faire mal.
Après une petite pause, Fye reprit d'un air sérieux : « Mais, si ça ne vous regarde pas...
 Nous voyageons ensemble, nous affrontons des dangers ensemble et ça nous regarde si on se fait blesser, voir même tuer parce que l'un d'entre nous est en pleine dépression, plaida Kurogané. Non, on doit s'entraider, dans cette aventure nous sommes liés ...
 Pour le meilleur et pour le pire ! » Cita le magicien pour faire enrager le ninja dont l'attitude commençait à lui faire peur. Il était trop gentil, trop attentionné, et sa façon de lui mette la pommade était bien trop sensuelle, il en avait la chair de poule... mais il ne devait pas s'abandonner au plaisir, il n'en avait pas le droit, il ne méritait que la souffrance. Et puis, Kurogané ne voyait probablement pas la situation du même point de vue ; il se faisait des idées. Bizarrement, c'est cette réalisation qui lui fit le plus de peine ; une douleur plus poignante encore que sa brûlure à la main.
Le guerrier lança un regard meurtrier à Fye lorsqu'il sortit sa plaisanterie. Ne pouvait-il pas cesser ces allusions ? Si seulement il savait tous les efforts que devait faire Kurogané pour ne pas céder à son désir ! Déjà, une partie de son corps s'animait sans son accord... Il avait tellement envie de le prendre dans les bras comme la dernière fois ; il voulait parcourir tout son corps de ses mains et caresser cette peau si douce et si blanche. Il voulait le recouvrir de baiser, il voulait le recouvrir de son corps pour le protéger de tous ses souvenirs qui le torturaient. Il voulait graver un vrai sourire de bonheur sur sa bouche...
Après la discussion, il cessa d'appliquer l'onguent et refit le bandage en silence. Fye en quelque sorte, lui avait avoué souffrir, mais il avait également refusé son aide. Le guerrier voulait le protéger, éloigner tous ses ennuis, pourtant il ne pouvait rien faire sans son accord et c'était encore plus frustrant. Sa tâche finie, il se releva et se dirigea vers la sortie avant de s'arrêter lorsqu'il entendit le magicien l'appeler d'une voix lasse: « Merci, Kurogané... » Le ninja avait horreur des surnoms dont l'affublait Fye, mais étrangement, l'entendre prononcer son vrai nom sonnait faux et il aimait encore moins ça. Sur un coup de tête, il fit demi-tour et retourna chez le blessé ; il se pencha au dessus de lui, glissa sa mains sous sa nuque pour lui relever la tête et lui plaqua un baiser sur les lèvres. C'était un baiser brutal, remplis de vengeance et du désir qu'il éprouvait ; complètement dépourvu de tendresse. Fye était trop surpris pour réagir et sa tête retomba sur l'oreiller lorsque Kurogané le lâcha et s'apprêta à quitter la pièce, ne soufflant que : « Baka ! » avant de claquer la porte. Il ne savait pas si l'insulte s'adressait au blondinet ou à lui même et, trop énervé pour y réfléchir ou faire quoi que ce soit d'autre, le guerrier se rendit dans sa propre chambre. Il se mit au lit et soulagea son désir à la force du poignet. Fort heureusement, il n'entendit rien de se qui se passait dans la chambre de Sakura, car malgré leur ivresse, les deux adolescents avaient su se faire discrets et puis, les murs de la maison étaient assez bien isolés.

La Ville Fantôme

le 15/05/2008 à 22h02
Hum, c'est juste pour dire qu'il y a un lemon sakuraXshaoran dans la prochaine partie c'est pour ça qu'elle est dans la Très Perverse Catégorie ...

La Ville Fantôme

le 18/05/2008 à 21h14

Shaoran, fut réveillé par Fye-san qui s'était levé tôt pour préparer le petit déjeuner ». Le garçon était toujours affalé sur la table de la cuisine et, reprenant conscience, il se rendit compte qu'il était affublé d'une affreuse migraine. Il se sentait affreusement mal, quelle idée de boire quand on se sent si mal au réveil ?! Il lança un regard noir à Mokona qui ronflait un peu plus loin, mais il était tellement mignon qu'il ne put pas lui en vouloir de l'avoir mis dans cet état. Il ne se souvenait même pas ce qui c'était passé la veille, mais étrangement, il se sentait honteux et coupable ; comme s'il avait fait une bêtise. Pris d'une envie pressante, il se leva un peu trop vite et atteignit l'évier juste à temps pour y vider ses entrailles. Le magicien vint à son secours, l'attrapant avant que ses jambes ne lui fassent défaut : « Pauvre Shaoran-kun, tu ne supportes vraiment pas l'alcool... assied toi, je vais te préparer un thé, ça te fera du bien, proposa Fye.
 Mais ça ira pour votre main ? Demanda le garçon voyant le bandage.
 Bah, c'est une question d'habitude, lui assura son compagnon, ne t'inquiète pas pour moi !
 Alors je veux bien, » croassa un Shaoran à la bouche pâteuse. Se rappelant son urgence, il se releva pour aller aux toilettes, mais il fit doucement cette fois-ci.
Lorsqu'il revint du petit coin, l'adolescent allait un peu mieux, du moins la partie qui se situait sous sa tête allait mieux ; sa nausée était passée. En revanche, sa migraine continuait de le lancer et il avait l'impression que son cerveau enflait dans son crâne et que bientôt il allait déborder. Cette notion ce dissipa un moment lorsqu'il entendit la princesse le saluer : « Bonjour Shaoran-kun !
 Bonjour Sakura-hime, » parvint-il à articuler malgré l'état de sa tête. Le sourire de la jeune fille lui faisait toujours cet effet, quand il le voyait, il avait l'impression d'être au paradis. Elle était si belle, si fraîche, si fragile et forte à la fois. Lui en revanche n'était rien, et pour elle, il ne pourrait jamais être qu'une présence, car il ne méritait pas l'amour d'une princesse ; même si lui, il l'aimait passionnément...
Sakura-chan vint à lui soucieuse : « Vous n'avez pas l'air très bien, le plaignit-elle.
 Ça va aller, lui assura-t-il avec un faible sourire.
 Oh Mokona regarde ce que tes bêtises on fait ! Réprimanda-t-elle gentiment la boule de poiles.
 Ton thé, lui offrit le blondinet.
 Piou ! Pardon Shaoran-kun ! » S'excusa Mokona en lui sautant sur la tête ce qui ne parvint qu'à empirer l'état du garçon.
« Stop! Supplia-t-il. Ma tête va exploser si vous continuez à me parler tous en même temps. » Sakura, pleine de pitié s'approcha de lui, prête à l'enlacer, mais s'arrêta, réalisant l'inconvenance du geste. Elle se contenta alors de lui apporter un bol de riz pour son petit déjeuner.
Au même moment, les pas de Kurogané résonnèrent dans les escaliers et Fye quitta la maison en quête de « quelque chose... ». D'humeur maussade, le ninja s'installa à table en marmonnant de vagues salutations et se servit à manger. Son repas fini, il parcouru la pièce des yeux, puis lâcha un soupir et remonta pour faire sa toilette dans la salle de bain.
Comme par magie, Fye réapparu, quelques herbes aromatiques en main et la princesse s'extasia : « Oh ! Du romarin ! Je me souviens que j'aime beaucoup le goût que ça a ! Est-ce que je peux vous en prendre pour préparer nos casse-croûte ?
 Bien sur, mais vous voulez partir toute la journée et seuls ? S'enquit le magicien.
 La ville est complètement abandonnée, nous ne risquons rien, et si nous voulons trouver ma plume, il nous faudra du temps... expliqua Sakura.
 Vous voulez que je vous accompagne ?
 Non, ça ira, restez ici et reposez vous Fye-san, dit Shaoran qui craignait que les bavardages du blondinet n'empirent ses maux de tête.
 Très bien, » concéda le magicien qui pensait que le garçon voulait se retrouver seul avec la jeune femme. Même s'il n'avait aucune envie de rester à l'intérieur, il n'avait pas le cœur à gâcher les plans du jeune homme. Celui-ci, entendant que Kurogané avait fini à la salle de bain, s'y rendit à son tour et ce avec joie, car il avait bien besoin de se débarbouiller. De plus, de l'eau bien fraîche lui éclaircirait peut être les idées.
Seule avec le magicien, la princesse lui proposa : « Voulez-vous m'aider à faire à manger, vous cuisinez divinement bien !
 Heu... hésita-t-il un moment. Ce sera avec plaisir Sakura-chan, décida-t-il finalement un grand sourire aux lèvres.
 Et Mokona vous encouragera ! Claironna la bestiole.
 Hé bien allons-y ! dit-elle joyeusement. » Ils se mirent donc à la tâche et ne s'arrêtèrent que lorsqu'ils entendirent un grand bruit provenant de l'étage. Kurogané sortit de sa chambre pour voir ce qu'il s'était passé, et un Shaoran tout poussiéreux sortit de la salle de bain.
« Kurogané, tu avais raisons hier, lorsque tu nous a dit que cette maison était dangereuse, lui confia le garçon. Un bout du plafond c'est effondré à quelques centimètres de moi !
 Grumf, grogna le ninja. Je réparerai ça tout à l'heure.
 Vous n'êtes pas blessé ? S'inquiéta Sakura.
 Non, c'est bon... répondit-il d'une voix lasse.
 On pourra partir bientôt, lui annonça-t-elle avec un sourire chaleureux, nous aurons fini dans cinq minutes.
 Je serais prêt, lui assura Shaoran. »

Dix minutes plus tard, ils étaient partis en compagnie de Mokona, abandonnant Fye et Kurogané. Le ninja fouilla dans toute la maison à la recherche de matériel pour réparer le plafond et bizarrement, il ne croisa pas une seule fois le magicien. Celui-ci n'était jamais loin, il pouvait l'entendre chantonner, mais à chaque fois qu'il venait trop près, Fye s'éclipsait. Le guerrier ne fit aucun commentaire, et lorsqu'il eut trouvé ce qu'il cherchait, il remonta faire les réparations. Sa tâche accomplie, il alla récupérer quelque chose dans sa chambre puis partit à la recherche du blondinet. Comme avant, le magicien semblait disparaître dès qu'il s'approchait, ce qui finit par l'agacer franchement. Au bout de quelques minutes de ce jeu, Kurogané perdit patience et tonna depuis la cuisine : « Fye, arrête de fuir ! Il faut changer ton bandage et tu ne peux pas le faire seul alors vient là immédiatement. Je sortirai après, tu pourras ruminer en paix ! ». Comme par magie, le blondinet apparu dans l'embrasure de la porte ; un sourire innocent aux lèvres, il approcha lentement et tendit sa main en direction du ninja. Celui-ci défit le bandage, passa un linge mouillé sur la main pour la nettoyer, puis appliqua le même onguent que la veille avant de recouvrir la brûlure de bandes propres. Ses gestes, avaient été rudes ; sans être brutal, il n'avait montré aucune délicatesse cette fois ci ; l'attitude puérile de Fye l'énervait au plus haut point. Non ce qui l'énervait au plus haut point, c'était que depuis quelques jours, il n'arrivait plus à penser de façon cohérente et prendre l'air à l'extérieur était la meilleure chose qu'il pouvait faire... Toujours en silence, le guerrier sortit de la pièce, ramassa son épée et quitta la demeure.

La Ville Fantôme

le 27/05/2008 à 01h10

Le guerrier marcha en direction de la campagne pendant un bon quart d'heure, de sorte à être suffisamment éloignée de la ville et de la maison. Il s'arrêta dans un pré en jachère et sans attendre, il dégaina sa lame et pratiqua des attaques contre un adversaire imaginaire pour passer sa rage.
Lorsqu'il se fut assez défoulé, il s'assit dans l'herbe et ferma les yeux pour méditer ; il avait besoin de réfléchir... Ce dont il était certain, c'est que Fye avait peur de lui, sinon il n'aurait pas joué à cache-cache toute la matinée. Mais c'était logique vu les évènements de la veille, il l'avait embrassé sans lui demander la permission, et il n'avait pas été tendre. Et il n'avait pas fait que de suivre son impulsion ; il avait eu un désir de vengeance, il avait voulu le déstabiliser... Il ne pensait pas qu'il était attiré par les hommes et ne s'était pas imaginé une seule seconde que le magicien pouvait avoir des sentiments pour lui, alors il était tout à fait normal qu'il craigne ses attentions.
Mais lui, qu'éprouvait-il pour Fye ? Il avait du désir pour lui, une certaine partie de son anatomie le lui avait bien fait comprendre la veille au soir, mais est-ce que ça s'arrêtait là ? Il détestait ses faux sourires, il savait que le magicien cachait un lourd secret et qu'il passait son temps à mentir. Kurogané avait horreur des menteurs, mais il n'avait jamais rencontré quelqu'un comme Fye auparavant. Il jouait le lâche, mais ce n'était pas le cas ; il n'était pas faible, et cela voulait dire que le secret qu'il renfermait devait vraiment être très lourd pour qu'il ne puisse faire face à ses tourments. À cette pensée, un besoin de le protéger de son passé, de ses souvenirs, de ce qui le faisait se cacher derrière un sourire, de ce qui l'avait fait s'effondrer en larme sur le sol de la cuisine, se réveilla dans le guerrier. Mais ça ne voulait pas dire grand chose ; il était né pour protéger, il avait grandi et avait appris l'art du combat dans le seul but de pouvoir protéger les gens. Et s'il perdait Fye, que ressentirait-il ? Aurait-il juste honte d'avoir failli à sa mission ? Serait-il simplement désolé d'avoir perdu un de ses compagnons ? Il tenta de s'imaginer ce à quoi ressemblerai cette vie si le blondinet venait à disparaître, pour toujours... mais n'y parvint pas. Sans cesse, des images de son visage apparaissaient dans sa tête ; il se le rappelait endormi, ou bien les yeux pétillants d'un amusement réel comme ça lui arrivait bien trop rarement, ou bien désespéré comme la veille. Il entendait les échos de son rire lorsqu'il se fâchait parce qu'il l'avait affublé d'un autre surnom ridicule. Non, il ne pouvait pas imaginer la vie sans Fye... Même si celui-ci ne s'intéressait pas à lui, même si le ninja en savait si peu sur celui qui il était en réalité. Il savait à quoi ressemblait son vrai sourire, et il ferait tout pour qu'il orne plus souvent ses lèvres !
Étant parvenu à déchiffrer quelque peu la situation, Kurogané rouvrit les yeux et observa le paysage qui l'entourait. Il pouvait l'apprécier à présent qu'il était apaisé et moins confus. Le pré dans lequel il se trouvait était parsemé de magnifiques fleures sauvages aux couleurs profondes et chaleureuses. Fye aimait les belles choses, il était certain que le magicien serait contant de voir un bouquet décorer la cuisine et il se l'imagina souriant sincèrement devant les fleures. Son cœur se mit à battre à cette pensée ; c'était un peu comme lorsqu'il était avec Tomoyo-hime... non, c'était bien plus fort que cela... C'était de l'admiration qu'il avait pour la princesse, un peu comme ce qu'il ressentait pour sa défunte mère. Pour Fye, c'était différent, et il eut un rire bref et sec en réalisant ce que c'était vraiment ...
Ils devaient avoir une conversation tous les deux, même si il en tirerait plus de mal que de bien...
Le ninja se releva et parcourut le pré à la recherche des plus belles fleures pour réaliser son bouquet. Il devait faire attention à ce que Fye croit que c'étaient Shaoran et Sakura qui avaient cueilli les fleures, sinon, l'effet risquait d'être inverse à celui escompté...

Une fois Kurogané parti, le magicien lâcha un soupir de soulagement. Il ne comprenait pas ce qui c'était passé la veille, et ne voulait pas comprendre. Il avait honte de ne pas avoir su se retenir de pleurer et d'avoir été pris sur le fait par le guerrier. L'attitude de ce dernier avait été plus qu'intrigante, mais il devait oublier, ça ne voulait rien dire, il était impossible que Kurogané éprouve des sentiments pour lui : l'agacent blondinet...
Fye ne tenait pas en place, il parcourait chacune des pièces pour les ranger et les nettoyer, même si elles étaient propres et en ordre et malgré l'état de sa main. Il devait s'occuper ; tout faire pour ne pas réfléchir, pour ne pas penser à ce geste. Mais pourquoi diable Kurogané l'avait-il embrassé ? Exaspéré, il hurla dans le vide : « Tu n'as pas le droit de m'aimer ! Tu n'as pas intérêt à m'aimer ! Je mens, je triche et je m'en fiche... ». Mais ce jour là, c'était un piètre menteur qui n'arrivait pas à se convaincre lui même qu'il n'en avait rien à faire du guerrier. Des larmes commençaient à lui monter aux yeux, il devait se contrôler, alors, il se contraint à ne plus penser à rien. Mais d'un coup, la maison lui sembla bien trop grande, bien trop silencieuse, bien trop vide ; il ressentit une solitude sans nom et fut pris d'une crise de panique. Il courrait dans tous les coins, astiquant tous les objets qu'il trouvait sur son chemin, car il savait que s'il cessait toute activité, il s'effondrerait en pleurs.
Lorsqu'il arriva dans la salle de bain, il vit traîner les outils de Kurogané et sentit quelque chose en lui se déchirer. Il détourna son regard, et croisa son reflet dans la glace : « Il ne ressent que du mépris pour toi, murmura une voix dans sa tête. Il s'est vengé de ton attitude puérile, il sait qu'il te plaît et il s'est moqué de toi. Il n'y avait pas d'amour dans ce baiser, il veut juste te voir souffrir ! ». A bout de nerfs, il frappa le miroir de sa main bandée en hurlant : « NON ! Il n'est pas comme ça ! ». Le miroir se brisa sous l'impacte de son coup et des éclats volèrent partout. Fye poussa un cri terrorisé et se replia au fond de la pièce, s'assit par terre, posa la tête sur ses genoux enserrés par ses bras. Il était honteux de son geste destructeur et du plus profond de son âme, souhaita disparaître, se noyer dans ses larmes qui coulaient sans relâche. Tout comme la glace, il était brisé et cette fois, Kurogané n'était pas là pour ramasser les morceaux, pensa-t-il amèrement. Il se rappela la veille, le corps musclé du ninja auquel il s'était agrippé, cette présence avait été réconfortante, rassurante... Ces pensées le conduisirent à se souvenir des évènements du soir, le touché de sa main qui appliquait l'onguent sur sa brûlure avait été électrisant ; il avait été si délicat qu'il en avait eu des frissons. Et le baiser, ses lèvres si douces mais qui s'étaient plaquées sur les siennes sans aucune tendresse, sans prévenir et qui ne demandaient qu'un contact... Oh, Kurogané, pourquoi me fais-tu ça ? Pourquoi suis-je si bien avec toi alors que je ne devrai pas ? A quoi est-ce que tu joues à être ainsi avec moi ? Pourquoi ne vois tu pas que tu me fais encore plus souffrir ? Se demandait-il sans cesse.
Il resta immobile dans cette position un long moment ; jusqu'à ce qu'il n'ait plus de larmes à verser. Vaguement calmé, il récupéra des pièces du miroir et tenta de les remettre ensemble ; comme les pièces d'un puzzle. Il y passa du temps, mais c'était inutile, cette tâche ne menait à rien. Trop las pour continuer, mais ne voulant abandonner, il chercha une boîte et la remplis avec les débris éparpillés dans la pièce. Entreposant la boîte dans sa chambre, il redescendit à la cuisine pour préparer le dîner ; les autres allaient bientôt rentrer. Il espérait ne pas avoir les yeux trop rouges ... mais il ne pouvait plus vérifier dans glace ...

La Ville Fantôme

le 12/06/2008 à 13h39

Kurogané croisa les enfants sur le chemin du retour. Fort heureusement, Mokona dormait dans les bras de Shaoran, et ne fit donc aucun commentaire moqueur, mais le garçon le regarda avec des yeux grands comme des soucoupes lorsqu'il vit le bouquet que portait. Un peu gêné il s'expliqua : « Je suis parti me promener dans la campagne, et j'ai pensé que des fleurs pourraient égayer la maison...
 Vous avez eu raison ! s'enthousiasma Sakura s'extasiant devant le bouquet. Cette ville est si triste, vide de ses habitants ; un peu de couleurs ne nous fera pas de mal !
 Oui, approuva le guerrier, dis, pourrais-tu le porter et dire que tu l'as cueilli, je n'ai pas envie que Fye se moque de moi...
 Oh, bien sur, accepta-t-elle après une hésitation car elle ne comprenait pas trop pourquoi le magicien se moquerait de Kurogané. » Il lui tendit donc les fleurs et Shaoran lui lança un regard suspect. Le ninja fit comme s'il n'avait rien remarqué car si le garçon était jaloux, il n'avait aucun souci à ce faire, la fille ne l'intéressait pas et s'il soupçonnait quelque chose avec Fye... hé bien, ce n'était pas ses affaires !
Ils arrivèrent à la maison peu de temps après et Sakura se dépêcha de trouver un vase et de donner de l'eau aux fleurs. Le guerrier fut content de constater que le bouquet plaisait au magicien ; il souriait constamment, mais il avait une étincelle qui brillait dans ses yeux lorsqu'il était sincère, et c'était le cas à présent. Pourtant, Kurogané avait également décelé de la peine dans ces yeux, et il se sentit coupable. Son attitude de la veille l'avait probablement tracassé, et au lieu d'aller mieux, l'état de Fye avait empiré. Il devait absolument mettre carte sur table ce soir...
Le magicien avait fini de préparer le repas et comme ils étaient tous affamés en cette fin de journée, ils passèrent à table sans attendre. Une conversation anodine se fit ; les adolescents avaient à nouveau fait choux blanc. Ils n'avaient croisé personne et avaient tournés en rond toute la journée, mais ils pensaient avoir exploré toute la partie Sud et la partie Nord Est de la ville. Le lendemain, ils iraient visiter le quartier où ils n'étaient pas encore allés.
« Et vous, Fye-san, qu'avez vous fait ? Demanda la princesse.
 Pas grand chose, je me suis reposé, comme vous me l'aviez recommandé, menti-t-il.
 Et vous Kurogané-san ? S'enquit Shaoran toujours intrigué par l'histoire du bouquet.
 Ben, j'ai réparé la salle de bain et je suis allé m'entraîner au sabre en dehors de la ville, dit-il simplement.
 C'est dommage que le miroir se soit brisé, constata Sakura qui était la seule à être rentré dans la pièce ce soir là. »
Kurogané cacha sa surprise et vit une lueur de trouble traverser les yeux du magicien, mais Shaoran fit part de son étonnement : « Mais la glace n'était pas cassée ce matin ...
 C'est ma faute, menti le ninja. Il ne tenait pas bien et il est tombé sous mes coups de marteau.
 Kuro-chan est super fort ! S'exclama Mokona qui s'était enfin réveillé. Mais pas très délicat ...
 Tu veux mesurer ma force boule de poiles ? S'énerva le guerrier.
 Je la connais déjà ! Claironna la bestiole. Et je sais que tu n'es pas délicat quand tu me tire les oreilles !
 Si seulement ça pouvait t'apprendre à te taire, maugréa-t-il. » Ils bavardèrent ainsi jusqu'à la tombée de la nuit ; c'était presque redevenu comme avant, à la différence près que Fye ne s'adressait jamais à Kurogané, mais si les enfants l'avaient remarqué, ils n'en laissaient rien paraître.

Ils passèrent la soirée ainsi, mais, lorsque la nuit tomba, Shaoran, bien que sa gueule de bois lui avait passé, accusa la fatigue, et parti se coucher. Sakura l'imita, après avoir refait le bandage de Fye qui la suivit ; seul le ninja et la boule de poils restèrent en bas, boire un peu de saké. Au bout d'une heure, il se décida tout de même à monter mais, il prit soin de grimper les escaliers à pas de loup.
Arrivé sur le palier, il entendit le parquet grincer dans la chambre du magicien, il était donc encore debout et semblait faire les cent pas. Sans faire le moindre bruit, il positionna devant la porte de Fye et s'apprêta à entrer. Il n'allait pas toquer cette fois-ci, car le blondinet risquerait de lui fermer la porte au nez et il ne tenait pas à défoncer la porte et ainsi attirer le regard indiscret de la princesse et du garçon.
Kurogané, la gorge serrée et un nœud dans le ventre, craignait un peu la confrontation, mais il prit son courage à deux mains, abaissa la poignée et poussa la porte. Il se retrouva devant un Fye très surpris, qui était en train de tourner autour d'une boîte remplie d'éclats de miroir. Il s'immobilisa, stupéfait de ne pas l'avoir senti venir ; il se maudit d'être perturbé au point d'avoir baissé sa garde ainsi. Le ninja, le pris par les bras pour prévenir toute tentative de fuite et le fixa droit dans les yeux, pour éviter de regarder ailleurs et pour rester concentré sur la tâche qu'il s'était imposé. En effet, le pyjama que portait le magicien était en soie très fluide qui laissait deviner son corps en dessous ; de plus, plusieurs des boutons de sa chemise étaient ouverts, découvrant une partie de son torse blanc comme le marbre. Le guerrier avait le cœur qui battait à toute allure ; et ce qu'il ressentait à ce moment était encore pire que les quelques minutes qui précédaient une bataille ; il devait en finir au plus vite ! Il inspira profondément, et, malgré la boule qu'il avait dans la gorge, articula : « Écoutes attentivement ce que je vais te dire, car je ne le répéterai pas... ». Mais avant de finir, il perdit le fil de sa pensée ; le blondinet avait l'air si déconcerté et il trouvait cela si touchant qu'il eut envie de l'embrasser. C'était sa dernière chance, il ne pourrait plus faire cela après ce qu'il allait dire alors, si c'était la seule chose qu'il aurait jamais de Fye, il la prendrait et décida donc de céder à son désir. Il lui prit le visage de la main gauche, posant son pouce sur son menton, son indexe sous sa mâchoire, et effleurant son cou du bout de ses autres doigts puis, il se pencha vers lui, ferma les yeux et posa ses lèvres sur les siennes avec tendresse. Il glissa sa langue dans la bouche du magicien, qui était légèrement ouverte d'étonnement, et goûta le parfum de thé dont il était encore imprégné. Comme il ne répondait pas au baiser, Kurogané y mit fin, retira sa main de son visage et replongea dans son regard abasourdi. Ayant repris son souffle, il reprit : « Fye, je t'aime. » ; ça y était, il l'avait dit...

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